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Schlichtingius Jonas


Schlichtingius Jonas

Schlichtingius Jonas

  

Schlichtingius Jonas, (en allemand, Schlichtig, ou Schlichting,) le fils de Wolfang Schlichtingius, est né dans les environs de l'année 1592 et fut élevé par son père dans la profession des sentiments antitrinitaires. Ayant reçu la première partie de sa principale éducation à Rakow, il alla, le 30 avril 1616, à Altorf, en qualité de tuteur privé de Zbigneus Sieninius, fils de Jacques Sieninius, "Gouverneur" de Rakow. Son frère, George Schlichtingius et son ami Janus Morstinius, l'assistèrent dans son établissement et son enseignement ; et ils arrivèrent ici, à la période, où un nombre de crypto-sociniens furent expulsés, et d'où certains de ces étudiants, qui avaient récemment adoptés les sentiments unitariens, étaient attrapés et jetés en prison. Ceci opéra un grand découragement chez les nouveaux arrivants, et les duretés, par lesquelles ces jeunes hommes étaient traités, firent une si forte impression sur l'esprit de Schlichtingius, qu'après un lapse de temps d'une vingtaine d'années, il s'exprima sur la conduite de Balthasar Meisner et les autorités de Nuremberg pour cette occasion. "Deux étudiants, Jean Vogel et Joachim Peuschel, expérimentèrent un aussi dur traitement pendant deux années, au nom de la même vérité. Le premier de ces deux jeunes hommes fut d'abord mis en prison à Wittenberg, sous l'inspection de Meisner lui-même et d'autres Professeurs. Ils furent ensuite liés de chaînes et envoyés à destination de Nuremberg, à laquelle juridiction ils appartenaient et  furent détenus dans une répugnante prison et harcelés de menaces et craintes, bien que nous étions dans le voisinage de l'université et des habitants de cette ville. Pendant longtemps, ils maintinrent leur idées et finalement durent renoncer à la vérité qu'ils avaient embrassée". (Quaestiones duae, adv. Balthas. Meisnerum, Quest. ii. Memb. Iii. p. 462, apud Zelneri Hist. Cryto-Soc. p. 499.) Ce traitement de Vogel et Peuschel excita la juste indignation, aussi bien la crainte et les appréhensions de Schlichtingius et ses compagnons. Ils furent avisés de quitter Altorf, mais ils demandèrent à être autorisés de rester un certain temps. Leur demande fut accordée, bien qu'il fut exigé expressément, qu'ils observent un profond silence au sujet de l'unitarisme, et ne soient pas tenter de faire des convertis à leurs idées. Il est probable, que Schlichtingius alla avec Przipcovius et d'autres de leur parti, aux Pays Bas. Limborch, dans sa "Vie d'Episcopius", dit, que, quand le dernier était Professeur de théologie à Leyden, Jonas Schlichtingius et Martin Ruarus étudièrent quelque temps à l'université sous Episcopius, et adoptèrent de lui l'opinion des remonstrants sur la doctrine de la satisfaction.             

Pour son retour dans son propre pays, Schlichtingius officia comme Pasteur, d'abord à Rakow et à Luclavice, et fréquemment s'engagea dans de longues et ardues journées, dans le but de promouvoir les intérêts des corps religieux avec lesquels il était en relation, un travail pour lequel la douceur naturelle qu'il disposait, aussi bien la force de sa constitution, le qualifiaient particulièrement. Il n'était pas seulement occupé en permanence à visiter les églises de Pologne, et dans l'année 1638, il fut envoyé en Transylvanie, pour inculquer avec douceur des conseils dans les esprits de ceux qui semblaient disposés à traiter les disciples de Francis David avec une sévérité excessive. Cette mission il l'entreprit sur une demande expresse du sénat de Kolosvar. Il fut envoyé ici un peu avant, dans la moitié de l'hivers, sur la même commission, et retourna avec le but de son séjour inaccompli. Dans la correspondance de Ruarus, il y a une lettre adressée de sa part à Matthias Rhaw et son parti, les dissuadant de tentent de réprimer, par force de persécution, "les semi-judaïsants", comme étaient appelés ceux qui refusaient d'invoquer, ou d'offrir l'adoration au Christ. Comme cette lettre relate expressément la mission de Schlichtingius sur cette malheureuse affaire ci-dessus référée, et soufflant un esprit qui est honorable pour les Frères Polonais, elle peut être ici rapportée complètement. 

"Bien que nous soyons pleinement satisfaits de votre zèle pour la gloire et la majesté de notre Seigneur Jésus Christ, nous ne pouvons pas approuver vos expositions pour les églises de votre pays, qui reconnaissent un Dieu, le Père, à la haine et aux persécutions de vos ennemis communs : alors, si vous croyez, que toutes se sont trompées dans leurs idées au sujet de la fonction et la dignité du Christ, nous pensons qu'elles devraient plutôt être instruites dans un esprit de douceur, que d'être exaspérées par des contraintes et des menaces. En même temps, nous percevons qu'une telle confession de foi chrétienne y avait été délivrée par eux, comme peut-être vous-même n'y trouvait pas de défaut, et une, pour laquelle nous croyons comprendre que les Pasteurs des cent cinquante églises ont souscrit de leurs noms. Mais si vous devez dire que cette confession, qu'ils ont faite, ou semble l'avoir faite avec la bouche seulement, n'a pas été faite par eux de bonne foi, et qu'ils ont chéri intérieurement une opinion différente, nous pouvons avoir votre réflexion, combien vous prenez sur vous-mêmes, en mettant à zéro leur profession verbale, en assumant la fonction de juger les sentiments propres à leurs esprits, qui sont connus de Dieu et de Jésus Christ seulement. Nous vous sollicitons et supplions, cependant, d'adopter les conseils avec douceur, dont le plus noble et cultivé Jonas Schlichtingius, nous vous l'envoyons une seconde fois, bien suggéré, et je pense que vous ne pouvez pas en douter, que lui-même est nous sommes tels des studieux pour l'honneur du Christ, comme vous-mêmes l'êtes. Il était dans notre souhait, en effet, lorsqu'il vous visita l'hivers dernier, que vous ayez suivi son avertissement, quand vous avez déjà porté la matière jusqu'où, peut-être, vous puissiez qu'à peine reculer. Mais quelque soit la question puisse être, nous portons témoignage que nous sommes totalement opposés à la persécution de n'importe quelle personne pour ses opinions religieuses. Le gentil esprit du Christ a gravé en nous cet esprit, et il est en notre cordial souhait, que cet esprit puisse non seulement être pour vous, mais pour ceux aussi qui avaient donné un jugement dans cette matière. La grâce de notre Seigneur Jésus Christ est avec vous. Amen. Zabua, le 5 juin 1638" (Ruari Epistolae, Cent. i. N. 84., pp. 404-406).    

Schlichtingius ayant publié une confession de foi, comme tenue par les églises unitariennes de Pologne, il fut banni par la Diète de Warsaw en 1647, et son livre fut publiquement brûlé par le bourreau commun. Les Frères, qui se rencontrèrent cette année au synode de Daszow, lui adressèrent une lettre de consolation, par laquelle ils s'efforcèrent de le réconforter sous ses afflictions. Aucune mention n'est faite de lui dans le Manuscrit des Actes, dans la période immédiate qui succéda à la publication de l'édit de bannissement contre lui. Mais il apparut toujours en public en 1651, et prit part à l'ordination de Pacevicuis, à l'assemblée de Czarcow, et dans la même année il publia, avec ajouts et corrections, une seconde édition du travail, qui fut l'objet de son bannissement.   

En 1652, à l'assemblée de Czarcow, il fut nominé l'un des Modérateurs, et encore en 1654, nous lisons son arrêt aux fonctions ecclésiastiques et scholastiques à Luclavice, quand son fils Paul était sous sa charge, dans le but de procéder à ses études théologiques. Lubieniecius établit qui prit refuge, pendant quelques années, sur la rive est du Dnieper, et dans les pays en bordure de la mère noire, parmi les hordes barbares de Moscovites et Crimée et bien que Bock répond à cette affirmation par une positive contradiction, (Hist. Ant. T. 1. P. ii. p. 767), il semble rien d'improbable dans l'établissement, qu'il passa la principale partie de son exile dans ses pays. 

Quand la guère suédoise éclata en 1655, une persécution se leva contre tous les polonais qui différaient avec la religion catholique, et Schlichtingius fuit sous la protection du Roi de Suède et demeura un temps considérable avec certains de ses Frères de Cracovie. Ce fut durant sa résidence dans cette ville, qu'il commença ses commentaires sur le Nouveau Testament, et il apparaît qu'il fut absorbé par son travail, parmi l'affrontement des armes et le barouf de la bataille, comme Archimède était dans ses études mathématiques, quand son refus d'aller vers Marcellus, jusqu'à ce qu'il ait fini son problème, provoqua le soldat de la poignarder. Schlichtingiu n'entra pas sur ce travail, jusqu'à qu'il est plus de soixante ans. Il le compléta dans les environs de quatre ans et cinq mois : et quand nous considérons, que ses commentaires s'étendent sur à peine une centaine de pages, que presque la totalité d'elles furent écrites dans des circonstances spécialement défavorables pour la composition de tels écrits, et que leur mérite exégétique est très considérable, elles doivent être considérées comme l'un des plus remarquable travaux de cette sorte à l'existence. 

L'auteur commença avec la dernière partie de l'Evangile de Jean, le 18 mai 1656, quand le Général polonais, Dembinski avait élevé son armé sur les murs de Cracovie, et le finit le 23 août de la même année. Le jour qui suivit, il entra sur son exposition des Épitres de Jean, et la compléta dans le mois d’octobre qui suivait. Durant cette période, l'armée polonaise avait commencé un troisième siège, qui était mené avec plus de vigueur que pour les deux premiers, et dura pendant quelques mois, jusqu'à ce qu'il soit levé par George Ragotzi, Prince de Transylvanie. Le 31 octobre, il débuta son commentaire sur l'Epître aux Romains, laquelle il poursuivit, avec une application constante et gaie, parmi le bruit de la guerre, les cris de joie sur la levé du siège, les congratulations pour le Prince de Transylvanie en entrant dans la ville, et le conclut le 3 juin 1657. Le 11 du même mois, il commença son commentaire sur la première Épitre de Pierre, et le 12 juillet, quand Jean Cassimir avait assailli la ville avec une armée de polonais et d'allemands, de nouvelles peines vinrent sur lui par la cruelle mort infligée à son fils, lequel, avec un autre jeune noble, (les deux alors attrapés par des soldats polonais,) préférèrent une mort amère à une vie avec laquelle ils ne pouvaient pas être heureux, sans sacrifier leur conscience et vérité. Quand ces nouvelles arrivèrent, il fit un commentaire, dans le cours usuel, sur le chapitre II, versés  23 et 24, "Lequel, quand il était insultait, ne rendait pas l'insulte, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge avec justice, lui qui, sur le bois, a porté nos fautes dans son corps, afin que mort pour nos fautes, nous vivions pour la justice: oui par ces souffrances vous avez été guéris". Schlichtingius, plus attentif aux dictâtes de l'amour pour le Fils de Dieu, que pour l'affection de son propre fils, se découvrit un esprit invincible pour chaque calamité, et mélangeant à ses larmes les consolations qui venaient de ses paroles et l'exemple de notre Sauveur, offrit à ceux qui étaient autour de lui un admirable motif de constance et de patiente. Après longtemps, parmi tous les obstacles d'un quatrième siège, il finit son commentaire le 13 août. Le jour suivant il entra sur son exposition de la seconde Épitre de Pierre, et l'avança jusqu'au versé 17 du premier chapitre, quand la ville capitulait. Dans le mois de septembre 1657, il quitta Cracovie et prit refuge dans la famille des Sacks, où il conclut ses notes sur la seconde Épitre de Pierre, et se mit sur les sept chapitres de la première Épître aux Corinthiens. La probabilité de la guerre, maintenant, le fit aller à Stettin, où il résida quelques temps, avec son ami intime Stanislas Lubieniecius, et ici, parmi le conflit des armes, et alors que la ville était assiégée par les forces allemandes et polonaises, il finit son commentaire sur l’Évangile de Jean, et les deux Épitres aux Corinthiens. Un court temps après le levée du siège de cette ville, en novembre 1659, il perdit sa femme, et fut anxieux de joindre ses enfants, dont trois fils et une fille vivaient alors, et il se déplaça à Stettin, au début de février 1660. Quand il arriva à Stargard, il fut fait prisonnier, ses commentaires saisis, et il fut envoyé, sur ordre de l’Électeur, au camp de Spandau le 23 février, et il commença son commentaire sur l’Épitre des Ephésiens, le 26 de ce mois, et le finit en prison le 2 avril suivant. Le jour suivant, il entra sur son commentaire  de l’Épitre aux Colossiens, et le 5 du même mois, à sept heures du matin, alors qu'il commentait les paroles, "qui nous a délivré de la puissance des ténèbres et nous a transféré dans le royaume de son Fils mort" (Col. I. 13), un ordre pour sa relâche arriva de l’Électeur. Immédiatement après avoir retrouvé sa liberté, il alla à Berlin, où il fut gentiment reçu par l’Électeur, et ses commentaires, qui avaient été saisis et détenus à Stargard, lui furent rendus, par le Prince d'Anhalt, de sa propre main. De Berlin, il alla à Zullichau, dans la Marche de Brandebourg, et passa le reste de sa vie sous le toit d'Elisabeth Falckenrehdians, une noble matrone, où il révisa son commentaire sur l'Epître aux Romains, et reprit son travail, là où il l'avait laissé et le poursuit jusqu'à ce qu'il le conclut par l'Epître à Philémon, le 13 septembre 1660. Après avoir passé une année à réviser l'ensemble, il s'affaiblit sous l'influence d'un trouble, emmené par ses infatigables travaux et sa vie sédentaire, il décéda le 1er novembre 1661, à l'âge de soixante neuf ans.    

Il confia ses commentaires à ses trois fils, Christophe, Jonas et Paul, et à ses amis, Stanislas Lubieniecius et Jean Pressius. Le premier de ses amis dit, en allusion à son extraordinaire travail, "Rien nous doit être imputé, les éditeurs, mais c'est à Dieu que toute la louange doit être donnée : car Dieu inspira la ligne, et nous excita d'une forte envie de poursuivre ce travail à Cracovie, dont, après notre dispersion dans différents endroits, nous devrions avoir eu aucune opportunité à engager l'auteur de commencer, ou de l'assister à l'exécuter. Dieu dota son serviteur  du courage chrétien pour composer les commentaires en prison, parmi les terreurs de la guerre et les calamités de cinq sièges. Dieu ainsi les garda, qu'ils soient préservés d'être touchés des mains des rapaces soldats et la violence des flammes, qui ne sont en rien séparés des choses les plus sacrées. Dieu sourit après longtemps de leur publication, et ôta les obstacles qui s'y opposaient".

Ces commentaires forment les huit volumes de la "Bibliotheca Fratum Polonorum" et sont précédés par le candide et libéral message pour le lecteur. "J'écris ces commentaires, lecteurs, non en public, mais en ma propre capacité privée, et, comme nos églises sont dispersées par une sévère persécution, je ne dois pas les soumettre à la censure public. Je ne voudrais pas, cependant, que l’Église soit tenue responsable pour un simple travail, ou sentiment. Que ce soit dit, ou écrit, c'est l'acte d'une personne en privé. Si c'est vrai, c'est public : mais s'il est sous n'importe quel aspect faux, je ne souhaite pas l'avoir dit, et bien que je l'ai dit, je me rétracte. Adieu". 

Les deux premiers fils de Schlichtingius, Christophe et Jonas, qui heureusement étaient là quand leur père mourut, attendirent ses funérailles et ses restes furent enterrés dans une propriété viticole de la famille Sack. Un monument fut érigé en sa mémoire, portant l'inscription suivante. "L'épitaphe pour cet homme le plus noble, révérend et célèbre, Jonas Schlichtingius, de Bokowietz, un plus excellent saint, une lumière de l’Église, de son pays et sa famille, et un illustre exemple de piété Chrétienne. Ayant diligemment accompli des services extraordinaires et courageusement enduré de dures persécutions, au nom de la vérité pour Dieu, ayant maintenu jusqu'au bout une foi vivante et ferme dans son Sauveur, soutenu par un inébranlable espoir de la glorieuse résurrection des Fils de Dieu, il quittait son tabernacle terrestre et rejoignit les esprits  justement rendus parfaits, le premier jour de novembre, dans l'année de rédemption MDCLXI., dans la soixante neuvième année de son âge". 

Ci-dessous il y a un portrait de lui qui est mis en avant à ses écrits expositoires, qui est dans les lignes suivantes.   

Haec veveranda senex gessit Schlichtingius ors, 

Haec gravitas vultus plens decoris erat. 

His Dea Suada sedit labiis, haec ille resolvens, 

Durs licet, poterat saxa movere loco. 

Haec jam muta silent : loquitur tamen ille, loquentem 

Audit, et auditum fama loquetour anus. 

Un court temps avant sa mort, Jeremiah Gerlach, Pasteur de l'église évangélique à Schlichtingheim, lui rendit une visite, sur la demande formelle de Samuel Schlichtingius, avec pour but de le convertir à la foi calviniste : mais il dit à Gerlach, qu'il adhérera, pour son dernier souffle, au corps des chrétiens, avec lequel il a agi toute sa vie, et pour ces sentiments qu'il avait défendus par ses prêches et écrits.   

Le nom de Jonas Schlichtingius est tenu en haute estime par les sociniens contemporains. L'auteur anonyme de "Vie d'André Wissowatius" annexé à la "Bibliotheca Antitrinitarium" de Sandius, l'appelle "Cette grande lumière et ornement de l’Église" (p. 240), et Stanislas Lubieniecius, dans la notice de Schlichtingius qui est rattachée à ses commentaires, le désigna "Un homme, qui était aussi bien anobli par naissance, que l'érudition et la piété, et plus heureux en développant le sens caché des Saintes Écritures, et en élucidant le texte sacré ; un homme possédant les habiletés d'un très haut ordre, et une exquise connaissance de la littérature sacrée et profane, incluant une connaissance de diverses langues". Les Frères Polonais, dans une lettre adressée au sénat de Kolosvar, l'appelle "Un homme noble par naissance, et plus illustre par la vertu et l'érudition, dont la prudence et l'habileté en dirigeant les affaires de l'Eglise, non seulement nous, mais vous aussi avez expérimenté". (Ruari Epp. Cent. Ii. N. 45, pp. 316, 317.)                

La douceur de sa disposition demeura particulièrement par ses admirateurs et ses écrits portaient pleinement la prière qu'ils conféraient sur lui. De même sa conduite ne fut pas le thème d'admiration que parmi seulement ceux qui avaient entretenus les mêmes opinions religieuses que lui-même, mais parmi ceux aussi qui différaient de lui. Zeltner l'appelait "Le plus célèbre socinien parmi la noblesse polonaise" (Hist. Cryto-Soc. Altorf. p. 499,) et un homme "d'une remarquable candeur" (p. 502), et quand Hoornbeek fit allusion à la controverse que Schlichtingius avait eu avec Balthasar Meisner, un saint luthérien, et Professeur de théologie à l'université de Wittenberg, le loua comme "un ingénieux et un cultivé", et dit, que "sa seule faute était d'être un adversaire". (Apparat. Ad Controversias et Disputationes socinienne. p. 68). 

Ses commentaires posthumes, sur la plus grande des livres du Nouveau Testament, furent publiés avec trois copieux Indexes, à Irenopolis, (Amsterdam), dans l'année 1665. Ils sont en deux volumes, qui sont généralement tenus comme un. Le premier volume contient un commentaire sur l’Évangile de Jean, (Fol. 1-151), un paraphrase sur son introduction, (Fol. 153, 154,) et un commentaire sur l’Épitre aux Romains. (Fol; 155-325.) Le second contient des commentaires sur les Épîtres restant du Nouveau Testament, excepté le premier aux Hébreux et celui de Jude, pour lequel il existe seulement un fragment. (Fol. 1-428.) Les divers travaux écrits de Schlichtingius donnent le catalogue suivant : 

1. Un discours de Christophe Lubieniecius, Père, Pasteur de la congrégation de Rakow, dans lequel il s'adresse à ses enfants, et au reste de ceux qui étaient présents, à la période de sa mort. Rakow, 1624. Celui-ci fut édité des notes de Jonas Schlichtingius.

2. Une réponse à un écrit de Daniel Clementinus, Ministre, intitulée "contradictions et absurdités" etc. Rakow, Sebast. Stenacki, 1625, 4to, Polon. Cette réponse fut dédiée à Raphaël Leszcynski, Palatin de Belzyce. Bock donne un plein compte de son contenu, aussi bien de ceux du travail de Clementinus, contre lequel il est dirigé (Hist. Ant. T. I. P. ii. pp. 772-777.) En 1630, Clementinus se défendit dans un travail polonais, intitulé, "Antapologia, ou la réponse de D. Clementinus, Ministre, à la réponse de Jonas Schlichtingius" et Schlichtingius en 1631 fit la publication.

3. Une réponse au "Antapologia" de D. Clementinus. Rakow, Sebast. Stenacki, 4to. Polon. De ces deux, Bock donna quelques comptes. (pp. 777-780). 

4. Commentaire sur l'Epître aux Hébreux, avec un Index des principales matières et passages de l'Ecriture. Rakow, Paul Sternacki, 1634, 8 vo. Dans ce travail, Schlichtingius reconnut qu'il fut assisté par Crellius, pour qui il donne le mérite principal, en élucidant cette difficile épître. Le Dr Arthur Ashley Sykes fut étroitement suivi dans les pas par Schlichtingius, dans son "Paraphrase et notes sur l'épître aux Hébreux. Londres, 1775" 4 to. 

5. Commentaire sur l’Épitre aux Galates, pris principalement  des lectures de Jean Crellius, avec une préface de Jonas Schlichtingius. Rakow, 1628, 8 vo. 

6. Commentaires sur les trois premiers chapitres de l'Epître aux Romains pris principalement  des lectures de Jean Crellius, avec une préface de Jonas Schlichtingius. Rakow, 1638, 8vo. 

7. Deux questions: une : s'il y a des doctrines dans les systèmes religieux évangéliques, lesquelles, permettent à peine à une personne qui les embrassent de rester dans le péché ? L'autre : Si dans le même système religieux certaines idées sont autorisées, lesquelles ne sont pas permises par la Loi du Christ ? contre Balthasar Meisner, Docteur de Théologie, et Professeur Public dans l'université de Wittenberg. Paul Sternecki, 1636, 8 vo. Ce travail est dédié aux deux frères, André et Adam Goslavius. La première des deux questions qui y est discutée, l'auteur l'avait auparavant traitée dans un travail séparé, intitulé, 

8. La Question, est-il nécessaire de ne rester dans aucun péché opposé à la doctrine évangélique, en ordre d'hériter le Royaume du Ciel ? Contre Balthasar Meisner, Docteur de théologie, etc. Paul Sternacki, 1635, 8 vol. 

9. Sur la Sainte Trinité, sur les préceptes moraux de l'Ancien et du Nouveau Testaments, et les ordonnances sacrées du baptême et du Repas du Seigneur, une discussion conte Balthasar Meisner, Docteur de théologie., etc. 1637, 8 vo. Une réponse pour cette discussion de Daniel Christopher Franck fut publiée dans l'année 1705, 4 to. C'était un travail posthume et édité par son fils, Wolfgang Christopher Franck. 

10. Une confession de foi chrétienne de ces églises, lesquelles, en Pologne, professent cordialement Un Dieu, et son Seul Fils engendré, Jésus Christ, et le Saint Esprit, par un confesseur de sainte vérité. 1642, 4 to. Lat. Une seconde édition, dans une forme élargie et modifiée, apparut en 1651, 8vo. Les deux éditions de ce petit travail sont rares, et particulièrement celle de 1642. Il fut publiquement brûlé sur la place du commerce à Warsaw, 1647. Une version polonaise de celui-ci apparut en 1646, 4 to., Une édition française dans la même année, 8 vo.; une en allemand en 1652, 8 vo., et une en allemand en 1653, 8 vo. La dernière fut par Jeremiah Felbinger.

11. Notes (sous le nom de Jean Simplicius) sur le commentaire d'un homme très cultivé (Hugo Grotius) sur II THess. ii. 1843, 8 vo. 

12. Notes de Jonas Schlichtingius de Bukowice sur un sermon de George Veschner sur Jean I, Lezna, 1639, 8 vo., Rakow, 1644, 8 vo. Un regard sur la dernière de ces éditions, selon Bock, est suffisant pour satisfaire n'importe quelle personne qui connaît la typographie de Sternacki, laquelle ne peut pas avoir été éditée à Rakow, et aussi que les sociniens furent expulsés de Rakow. Elle fut probablement éditée aux Pays Bas. 

13. Lettres pour George Calixtus. 1645. MSS.

14. Une lettre pour Gregory Schoenhoff  le jésuite. Mai 1645. MS. 

15. Une lettre pour Matthias Gloskowski sur la satisfaction et les mérites du Christ, et sur la rédemption par son sang, en défense pour l'Innocence de Socin pour les accusations portées contre lui dans une confession de l'Eglise Réformée. 1645. MS. 

16. Un papier transmis pour les Docteurs de Königsberg, le 25 novembre 1645, en réponse au Dt. Dreyer.

17. Une prière pour Jésus Christ, le Fils de l'Homme. 1644, Lat. 1646, Polon. 12 mo. Cette prière apparaît pour avoir été jointe au N° 12, (p. 107,) et remplie six pages. 

18. Une explication sur les six principaux  passages allégués en défense de la Trinité. Lat. Une traduction hollandaise de ce tract publié, avec deux autres, par Crellius et, en 1649, 4to.  

19. Une vraie explication des quatre passages de l’Écriture sur la Déité du Christ : i. "Au commencement était la Parole," etc., Jean i. 1-19. ii. "Qui est l'image du Dieu invisible" etc., Col. i. 15-21. iii. "Toi, Seigneur, au commencement tu as dressé la fondation de la Terre, etc., Heb. i. (le chapitre complet). Iv "Avant Abraham, je suis," etc., Jean viii. 56-59 : et aussi pour deux passages sur la Sainte Trinité : i. "Baptisant dans le nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit," Matt. xxviii. 19. ii. "Il y a trois qui sont enregistrés dans le Ciel, le Père, le Parole, et le Saint Esprit, et ces trois sont un", I Jean v. 7 écrit par Jonas Schlichtingius de Bukowice. 1645, 4 to. Polon. Bock établit, que les deux dernières explications mentionnées étaient écrites dans une copie dont il parlait, et il donne  une pleine et longue traduction en latin de la préface, qui avait été faite pour lui par un ami. (Hist. Ant. T. I. P. ii. pp. 805-809.) Une version hollandaise de ce petit travail apparut en 1649, 4 to. 

20. Une épître apologétique, contenant un compte de sa propre cause, discutée dans la Diète de Warsaw en 1646, et pour le décret passé ici contre lui : écrite le 15 juillet 1650, et publiée dans la même année, 8 vo. Une seconde édition apparut en 1652, 8 vo. 

21. Des vengeances pour les mannes d'une confession chrétienne condamnée aux flammes et brûlée, qui avait été inquiétée par le Révérend Nicolas Cichovius. 1652, 8 vo. Elle était une réponse à une attaque faite par le Révérend N. Cichovius, le jésuite, sur la confession, pour laquelle un compte rendu est donné sous le N° 10. Le titre du travail de Cichovius était, " Credo Arrianorum, seu, Confessionis Socinistarum, vel Samosathenistarum, vulgo Arrianorum, Symboli Apostolici Vestem, Luclaviciis, fraudulenter indutae ; Imposturae detectae, etc. Cracoviae, in Officina Typog. Franc. Cajsarii, S. R. M. Typ., 1649", 4 to. Apologie de Schlichtingius, ou défense pour la confession, contenant, en premier, une réponse à l'épître dédicatoire de Cichovius pour Jean Wiclopolski, Gouverneur de Bicez., etc. ; en second, les vengeances pour la perturbation faite aux mannes d'une confession de foi chrétienne : et en troisième, une épître apologique, écrite le 15 juillet 1650. 

22. Un siècle des arguments du Révérend N. Cichovius. 1652. 8 vo. Le travail pour lequel c'était une réponse, portant le titre suivant "Centuria Argumentorum pro Summa, et naturali Christi Domini Divinitate, ejusdemque divinis Perfectionibus, collecta, et Samosatheuistis, vel Socinistis, (vulgo Arrianis,) oblata, a P. Nic. Cichovio Societatis Jesu. Cracov. 1649", 4 to. Le même auteur publia ensuite, "Speculum Samosathenistarum vel Socinistarum vulgo Arrianorum, etc. Cracovie. 1662, 4 to. Ce travail, Cichovius le dédicaça au sénat de la ville de Dantzic, et Schlichtingius lui répondit, dans un quarto pamphlet, intitulé

23. La raison du mal de Cichovius, ou une réponse d'un livre de Cichovius, dans laquelle il dit, "Arrianos vulgo dictos Diabolum pro Deo habere;" et dans une autre, appelée, 

24. Cichovius incapable de stipuler le Mal qu'il avait levé, 4 to. Les deux ont été écrits dans la langue Polonaise. 

25. Une apologie pour la vérité accusée, adressée aux plus illustres et puissants États des Pays Bas et de Frise occidentale, par un Chevalier polonais. 1654, 8 vo. 

26. Une courte explication sur divers articles pour la foi chrétienne, par Jean Simplicius, à laquelle il ajoute une courte explication sur Romains IX, écrite pour un des Nobles polonais. 1656, 8 vo. Belg. La traduction hollandaise fut faite à partir d'un manuscrit latin de Schlichtingius, par P.I., qui est Pierre Langedult. 

27. Un mémoire au nom des Frères Polonais, écrit par Jonas Schlichtingius et Stanislas Lubieniecius à Stettin. Le 20 avril 1659. 

28. Questions sur la magistrature,  la guerre, et sur sa propre défense. Ces questions sont inscrites dans les travaux collectés de Wolzogenius,  et jointes à ses annotations. (Bibli. Fratr. Polon. T. VII. Ad cale).

29. Annotations opposées aux annotations de Wolzogenius, mentionnées au-dessus, sur la magistrature,  la guerre et sur sa propre défense (Ibid). 

30. Catéchisme pour les églises polonaises, avec une confession, selon les Saintes Ecritures, un Dieu le Père et son seul Fils engendré, accompagné du Saint Esprit, d'abord publié dans l'année du Christ 1609, puis corrigé par quelques personnes dans le même royaume, et de nouveau, après un intervalle de quelques années, par Jean Crellius, Franck : et maintenant après longtemps fut révisé et élargi pour plus de la moitié par Jonas Schlichtingius. Irenopolis, (Amsterdam,) à la dépense de Fred. Théophilus, après l'année 1659", 8 vo. L'année de publication n'apparaît pas pour être connue, mais Sandius l'établie pour avoir été dans les environs de 1665, (B. A. p. 130), bien qu'il place la mort de Schlichtingius en 1661 (p. 126). Il put resté quelque temps en manuscrit et fut publié après la mort de Schlichtingius. La préface était la production jointe d'André Wissowatius  et Joachim Stegmann, le fils, et Schlichtingius, dans sa capacité d'éditeur, ajouta des réponses à certaines notes de Martin Ruarus. Walchius établit, que cette traduction hollandaise de cette édition était faite par Jean Cornelius, ou Knoll, mais qu'elle n'a reçu aucune estime, sur le compte d'altérations et omissions arbitraires, et particulièrement en ce qui concerne les chapitres du baptême et le Repas du Seigneur. (Bibl. Theol. T.I. p. 539). 

31. L'ancienne Foi concernant le Dieu Unique, le Père tout puissant, et son Fils, Christ, faite par Lui le Premier Seigneur de tous, contre les innovateurs, pour Jean Amos Comenius. Irenop. 1685, 8 vo. Celui-ci fut opposé à un travail de Comenius, dédié à Schlichtingius, et intitulé, "L'ancienne foi concernant le Dieu unique des chrétiens, le Père, Fils et  le Saint Esprit, contres les innovateurs". Amst. 1659, 8 vo.

32. Sur la liberté et l'avarice. Ms.  

33. Une explication de la prière du Seigneur. Polon. MS. 

34. Un sermon sur psaume ex. Polon. MS. Lat. MS.

35. Plusieurs autres sermons. MSS. 1640. Au synode de Kissiclin, Schlichtingius fut commandé de composer des homélies sur Luc v. 20, et I Jean ii. 15. 

36. Notes sur "souhait pour la paix" de. Hugo Grotius. Irenop. 1685, 8 vo.. 

37. Contre Joshua De la Place, Professeur de théologie à Saumur. MS.

38. Brèves notes sur "Essai de prouver que le Dieu Unique existe en une trinité de personnes"  MS 

39. Contre Comenius. MS. C'est probablement le même que le N° 31. 

40. Une discussion concernant le lavage des pieds contre Stegmann Junior. MS. 

41. Un message de George Ragotzi, Prince de Transylvanie. MS.  

42. Tous les passages de l'Ancien Testament, qui sont ajoutés par les trinitaires pour preuve de leur doctrine, expliqués par le ainsi appelé orthodoxe de la même manière que les unitariens, communément appelés sociniens, les explique, et tous les passages du Nouveau Testament collectés de la même Façon. MS. Ceux-ci étaient les productions jointes de Schlichtingius, Morscovius, Stegmann, et autres, et sont probablement identifiables au "Sylloge" de Voidovius, ou le "Triadomachis," auquel il est fait fréquemment mention dans les Actes Synodaux. 

43. Sur "La vraie foi Catholique", d'un anonyme écrivain, et une réfutation du même, pro et con. MS. 

44. Sur le vrai honneur de la Vierge bénie. MS 

45. Sur les articles fondamentaux, contre Balthasar Meisner.

46. Sur la nécessité, contre Balthasar Meisner.

47. Commentaires posthumes sur toutes les épîtres du Nouveau Testament, et aussi sur l'Evangile de Jean. 

48. L'Opinion concernant la satisfaction, dans lequel l'auteur souhaitait de mourir. MS. 

49. Une lettre pour les exilés unitariens, datée le 17 juin 1661 à Kreutzberg, et insérée dans "Hist. Ref. Polon." de Lubieniecius, L. iii. C. xviii. La raison pourquoi la composition de cette lettre est attribuée à Schlichtingius est en raison que son nom est le premier parmi trente six qui lui sont souscrites. En addition aux travaux qui sont déjà mentionnés, Schlichtingius contribuait son partage pour, 

50. Une amicale discussion contre les juifs :  

51 : Au synode de Kissielin, en 1640, il fut autorisé à préparer une réponse pour le synopsis de Bisterfeld, en conjonction avec Morscovius :

52. A l'Assemblée de Siedliski, en 1643, il entreprit de préparer un travail sur la condition du méchant après la mort, et à la même période, une apologie pour les congrégations des sociniens en Pologne :  

53. Selon pour les actes de l'assemblée de Czracow, en 1651, il prépara un bref catéchisme, mais aussi en Polonais, un en Latin, mais cela n'est pas attesté : 

54. Au synode de Czarcow, en 1652, il fut requis de préparer un plan pour effectuer une union avec les évangélistes : et certains y contribuèrent.

55. Deux considérations pour les paroles, termes et phrases utilisées par  les théologiens en référence à la doctrine de la Trinité, et un questionnement sur comment la discussion de cette doctrine peut-elle être installée, publiée sous le nom de Irenaeus Sedaletophilus, 1684, 8 vo. D'autres attribuèrent ce travail, peut-être plus correctement, à Jean Preussius.

 

(Vidend. Sandii B. A. pp. 126—132. Bock, Hist. Ant. T. I. pp. 763—824. Zeltneri Hist. Crypto-Socin. Altorf. pp. 358. 499. 534. SmalciiDiar. A. D. 1616, apud Zeltn. p. 1204. Toulmin's Mem. of F. Socinus, Chap. ii. Sect . iii. pp. 114 — 118; App. ii. pp. 427—439. Bees's Hist. Introd. p. xxxv. Limborch, Vit. Episcopii, p. 329. Buari Epp. Cent. i. N. 84; Cent. ii. N. 45. Lubieniecii Hist. Ref. Polon. I.e. Epistola Stan. Lubieniecii prremissa Commentariis Schlichtingii. Hoorn's. Apparatus ad Controv. et Disp. Socin. l. c. Anonymi Epist. de Vit . And. Wissowatii, p. 240. Walchii Bibl. Theolog. T. I. pp. 429. 539. 879. 912. 943 ; T. II. pp. 222. 354. Vogt, Catal . Libr. Rarior. pp. 613, 614, etc)

 


 Didier Le Roux
 
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