• Neuser Adam

     

     
     


    Neuser Adam

      

    Neuser Adam (ou Neusner, comme le nom est écrit par Sandius,) fut Ministre de l'église St. Pierre, à Heidelberg. Dans les environs de l'année 1565, une discussion s'éleva dans cette ville au sujet du gouvernement de l'église. Jusqu'alors on n'avait pas eu recours à l'excommunication ; et C. Olevianus exhorta constamment l'adoption de la discipline, pour être observée dans l'église de Genève. A cela, il y eut une forte résistance par Christopher Probus, Thomas Lieber, (mieux connu sous le nom de Eratus,) et Adam Neuser, qui désapprouvèrent cette discipline pour être de la tyrannie. Neuser dit, qu'il s'y opposa comme fausse, et comme répugnante pour la parole de Dieu. Eratus et lui-même prirent chaque opportunité pour parler et écrire contre elle. Non longtemps après ceci, il s'avéra que Neuser ne croyait pas en la doctrine de la Trinité et fut banni sur le compte de ses idées. Sandius se réfère à une lettre manuscrite, laquelle, Neuser avait écrite à l'ambassadeur de Jean Sigismond, Prince de Transylvanie, à la Cour de l'Empereur Maximilien II, et dit, que sa lettre fut interceptée et que son contenu amena l'arrestation et l'emprisonnement d'Adam Neuser et Jean Sylvanus. Jacques Suter et Matthieu Glirius semblèrent eux aussi impliqués dans les conséquences de cette transaction.  

    L'érudit Samuel Crellius représenta Neuser pour être le premier, dans les temps modernes, qui enseigna la pure humanité du Christ, comme ce fut par la suite adopté et professé par Simon Budny et Francis David. Sandius dit que ce fut à la période que Neuser exerça ses fonctions ministérielles, environs pendant dix années, que son emprisonnement eut lieu en Basse Palestine, et Budzinius décrit son évasion providentielle, et s'enfuit en Transylvanie, dans l'année 1571. "Le Socinianisme", dit Mosheim, "fut introduit en Allemagne par Adam Neuser, et autres émissaires, qui infectèrent le Palatinat de leurs erreurs, étant entré en division avec les transylvaniens, à la période critique quand les affaires des unitariens en Pologne amenaient un aspect douteux et inintéressant. Mais cette division pernicieuse fut détectée et les plans de leurs auteurs entièrement dévastés et démontés, sur quoi Neuser alla en Turquie et s'enrôla parmi les Janissaires". 

    Ce récit de Mosheim représente Neuser comme allant de son plein accord en Turquie, mais Chytraeus dit, qu'il fut pris pour un espion à Kolosvar, et alla à Constantinople. Zeltner, qui se réfère à se compte de Chytraeus, avance, que Neuser, sous ces circonstances, trouva expédient de faire une profession formelle à l'Islam, dans le but de sauver sa vie, et, pour confirmer ce qu'il avança, il fit référence à l'appendice de Heineccius sur la description de l’Église Grecque. 

     De ce qui fut dit pour l'apostasie de Neuser, cela reste principalement sur le témoignage de Stephen Gerlach, un Théologien luthérien, qui alla à Constantinople, dans le mois d'août 1573, en qualité de Chapelain domestique pour le Baron Ungnad Von Weiszenwolf, Ambassadeur autrichien à la Porte. Gerlach dit, qu'il avait vu Adam Neuser ici, lui avait parlé, et qu'en lui parlant de comment il arriva à un tel degré d'erreur, il répondit, "Si je n'avais jamais été un calviniste, je ne serais jamais venu a ceci". Un fragment d'une lettre y fait référence contenant le passage suivant. "Aucun écrivain de notre temps, qui soit connu de moi,  devint un arien qui auparavant n'était pas un calviniste, comme Servet, Blandrata, Paul Alciati, Francis David, Gentile, Gribaldi, Sylvanus, et autres. Laissez-le, cependant, craindre au moins qu'il soit tombé dans l'Arianisme, en se méfiant du Calvinisme". Il y a aussi, une lettre adressée par Gerlach à Martin Crellius, et écrite dans l'année 1575, contenant un compte de l'apostasie de Neuser. Mais Ruarus semble avoir des doutes sur la vérité de toute l'histoire, et Fabricius est également incrédule quant à elle. Le fait probable est, comme Zeltner le dit, que Neuser fut banni de Constantinople et se retrouva dans une situation, dont la sécurité pour sa vie dépendait qu'il fasse une confession de foi musulmane, il n'eut pas le courage de rester ferme aux principes chrétiens, et extérieurement se conforma à la religion de son pays, comme moyen de se préserver. Egalement, il n'y a rien d'incohérent avec cette supposition, dans le récit donné par Gerlach : car il est évident, que Neuser sentit la dégradation de sa position, quand il dit, qu'il n'aurait pas du devenir ce qu'il fut, s'il n'avait jamais été un calviniste. Henri Altingius appelle la vérité de sa relation en question, par ce que Wenceslaüs Budowez, qui donne un compte de la dernière partie de la vie de Neuser, ne le mentionna pas : mais aucune telle inférence peut être équitablement apportée du silence de Budowez, respectant une conversation privée avec une autre personne. 

    Dans un travail intitulé, "Monumenta Pietatis et Literar. Virorum in Republ. et Literaria Illustrium selecta", publié à Francfort sur le Main, et au début du siècle dernier, et inséré dans une plus grande longueur, "Une Lettre à Selim II., Empereur des Turks," dans laquelle l'écrivain professe l'Islam, et offre de se mettre lui-même sous la protection du Sultan. Cette lettre, adressée au dirigeant des musulmans à Constantinople, l'Empereur Selim II, est incluse dans "Antiquités Palatinae" qui est maintenant dans les archives de Heidelberg:

    "Moi, Adam Neuser, un Chrétien né en Allemagne et avancé à la dignité de Prédicateur aux personnes d'Heidelberg, une ville où la plupart des hommes les plus cultivés à ce jour en Allemagne s'y trouvent, pour fuir et pour me réfugier près de Votre Majesté avec une profonde soumission, vous conjurant pour l'amour de Dieu et de votre Prophète, de qui est la paix de Dieu, de me recevoir dans le nombre de vos sujets et ceux de votre peuple qui croient en Dieu. Par la grâce de Dieu, le Tout Puissant, je le vois, je le sais et je crois de tout mon cœur que votre Doctrine et votre Religion sont pures, claires, et agréables à Dieu. Je suis fermement persuadé que ma retraite parmi les Chrétiens idolâtres engagera de nombreuses personnes de considération d'embrasser votre Foi et votre Religion, d'autant plus que beaucoup des plus érudits et des plus considérables d'entre eux ont à présent les mêmes sentiments que moi, comme j'en informe Votre Majesté par parole de bouche. Quant en ce qui me concerne, je suis certainement l'un de ceux dont il est dit dans le treizième chapitre du Coran: Les Chrétiens nous montrent plus de bonne volonté que les Juifs: et quand leurs Prêtres et Évêques, pour autant qu'ils ne sont pas bornés et imprudents, comprennent les commandements que le prophète de Dieu donna, et par là reconnaissent la vérité, ils disent avec les larmes aux yeux, ô Dieu! Nous espérons de nos Cœurs, puisque nous pensons la même chose que les bonnes personnes le font, vous voudrez également nous faire entrer dans la communion. : Car pourquoi ne devrions-nous pas croire en Dieu et en Lui, qui se manifeste à nous par la vérité? 

    Certainement, ô Empereur! Je suis de ceux qui lisent le Coran avec joie, je suis de ceux qui désirent être de votre peuple, et je témoignerai devant Dieu que la Doctrine de votre Prophète, qui avait la paix de Dieu, est l'incontestable vérité. C'est la raison pour laquelle je supplie le plus humblement votre Majesté pour l'amour de Dieu et de votre Prophète d'être gracieusement heureux de m'entendre et de savoir quelle manière le Dieu de Miséricorde m'a révélé cette vérité. 

    Mais d'abord, avant tout, votre Majesté devrait être entièrement persuadée que je n'ai pas recours à votre protection comme certains chrétiens en ont l'habitude, qui en raison de leurs crimes, vols, assassinats, ou adultères ne peuvent vivres en sécurité parmi les personnes de leur propre Religion. Car j'avais résolu, un an plutôt, de fuir en refuge vers vous, et j'étais avancé dans mon chemin aussi loin que Presbourg, mais ne comprenant pas la langue Hongroise je ne pouvais pas aller plus loin, et contre ma volonté j'ai été contraint de retourner dans mon pays où je n'aurais pas osé le faire si j'avais fui pour un quelconque crime. En plus rien ne me contraint à embrasser votre Religion, car qui pourrait me forcer a elle, étant inconnu de votre peuple et à une si grande distance d'eux. 

    Donc, votre Majesté ne devrait pas me placer dans le nombre de ces chrétiens qui sont conquis et fait prisonniers par vos sujets embrassant votre Religion mais non pas avec de la bonne volonté et qu'ainsi bientôt trouveront l'occasion de s'échapper et de renoncer à la vraie foi. C'est pourquoi je supplie votre Majesté de prêter attention à ce que je vais dire et d'être informée du véritable cours de ma retraite à votre domination. 

    Étant promu à la dignité de prédicateur dans la fameuse Université de Heidelberg par l'Électeur Palatin, lequel après l'Empereur est le plus puissant Prince en Allemagne, j'ai commencé à me poser avec maturité en moi-même les diverses dissensions et divisions de notre religion Chrétienne: car un si grand nombre de personnes comme il y a parmi nous, il y a aussi beaucoup d'opinions et de sentiments. J'ai commencé par faire abstraction de tous les Docteurs et Interprètes des Écritures qui ont écrit et enseigné depuis l'époque du prophète Jésus Christ. Je me suis attaché uniquement aux commandements de Moïse et de l’Évangile. Ensuite, j'ai demandé à Dieu intérieurement avec une application des plus religieuses et le priant de me montrer le bon sens que je ne puisse pas être dans le danger de me tromper et mes auditeurs. Alors, s'il plait à Dieu de me révéler les 'Articles de l'Invocation du Seul Dieu Unique', sur lesquels Articles j'ai composé un livre dans lequel je prouve que la Doctrine de Jésus-Christ ne consiste pas à affirmer qu'il était lui-même un Dieu comme le prétendent faussement les chrétiens: mais qu'il y a qu'un seul Dieu qui n'a pas de fils consubstantiel à lui. J'ai dédié ce livre à votre Majesté et je suis sûr que la plupart des hommes capables parmi les chrétiens ne sont pas en mesure de le réfuter. Et c'est pourquoi devrais-je en effet associer à Dieu un autre Dieu semblable à lui? Moïse l'avait interdit et Jésus-Christ ne l'a jamais enseigné. Ensuite me fortifiant moi-même de jour en jour par la grâce de Dieu, et comprenant que les chrétiens abusent de tous les avantages de Jésus-Christ, comme autrefois les Juifs abusaient du serpent effronté. . . . . . . . J'ai conclu que rien de pur n'est trouvé parmi les chrétiens, et que tout ce qu'ils ont est falsifié. Car ils ont perverti par leurs fausses interprétations de presque tous les écrits de Moïse et l’Évangile, et que j'ai montré dans un livre écrit de ma propre main et que je présenterai à votre Majesté. Quand je dis que les chrétiens ont falsifié et altéré les commandements de Moïse et l’Évangile, je veux dire que les mots et le sens. Car la doctrine de Moïse, de Jésus et de Mahomet est en accord en tout et ne sont pas contraires en toutes choses. . . . Le Coran donne un témoignage très avantageux sur Moïse et Jésus-Christ. Mais il insiste surtout sur les chrétiens corrompant les commandements de Moïse et l'Évangile de Jésus-Christ par leurs interprétations erronées. En effet, si la Parole de Dieu était fidèlement interprétée, il n'y aurait pas de différence entre les Juifs, les Chrétiens et les Turcs. Ainsi, ce que le Coran répète si souvent est vrai. La doctrine de Mahomet détruit toutes les fausses interprétations des Écritures et enseigne le vrai sens de la Parole de Dieu. .. 

    Après cela, par la grâce de Dieu, j'ai compris, qu'il n'y a qu'un seul Dieu, que j'avais observé que la doctrine de Jésus-Christ n'était pas enseignée comme elle devrait l'être, que toutes les cérémonies des chrétiens étaient très différentes de leurs premières institutions. J'ai commencé à penser que j'étais le seul homme de mon opinion dans le monde. Je n'avais pas vu le Coran et parmi nous les chrétiens, ils ont pris soin de propager dans toutes les parties de tels rapports infâmes et scandaleux sur tout ce qui concerne que les doctrines de Mahomet, que les pauvres personnes qui sont faites pour croire que tant de vérités sont saisies d'horreur et se retournent d'elles-mêmes au nom du Coran. Néanmoins, par l'effet de la Divine Providence, ce livre est tombé dans mes mains pour lequel je rends grâce à Dieu. Je dis à Dieu, qui sait que je l'invoque dans ma prière pour votre Majesté et pour tous ceux qui vous appartiennent. Je cherche tous les effets de répandre des moyens de la connaissance de ces vérités à mes auditeurs et dans le cas où ils ne recevraient pas cette doctrine, je me résous à demander l'autorisation des Electeurs d'abandonner ma charge et de prendre retraite chez vous. J'ai commencé à attaquer par voie de discussion dans toutes les églises et dans les écoles  certains points de notre doctrine et obtenu ce que je souhaitais: Car j'ai porté l'affaire à un point tel que c'est connu de tous les États de l'Empire et j'ai attiré plusieurs hommes enseignés à mes côtés. L'électeur (par crainte d'une invasion de l'Empereur Maximilien). . . . me déposait. . . . ." (Traité Concernant les Musulmans, A. Reland, pp 215-223). 

    Mais la première date de cette lettre, (1570,) et la dernière de sa publication, (1701,) incite à rendre probable, qu'elle était une contrefaçon. La lettre interceptée, laquelle emmena Neuser en prison, ne fut pas écrite avant l'année 1571, et il est très contraire, qu'il dut solliciter la protection du Sultan avant cette période. D'ailleurs, si ce document, si un tel document avait été à l'existence, pourquoi il était autorisé à rester dissimuler tout le long du dix septième siècle, quand sa production pourrait avoir été d'un grand service pour la cause des Trinitaires ? Il a été montré, aussi, que la défection de Neuser ne fut pas préméditée, que la profession de l'Islam lui fut forcée sur un concours de circonstances imprévues, et que lui-même le déplora profondément, qu'il avait été forcé de faire, d'en le but d'assurer sa propre sécurité. Il décéda, le 12 octobre 1576, d'une maladie incurable, assistée des plus accablantes peines et souffrances, dont certains considérèrent comme un jugement sur lui pour son apostasie. 

     

    En addition aux lettres déjà mentionnées, nommément, l'une pour l'Ambassadeur de Transylvanie et l'autre pour Stephen Gerlach, nous trouvons attribué à Neuser, "Celles concernant la personne du Christ," et des remarques sur "L'étendue du septième chapitre aux Romains." On dit que la première fut composée en prison, vers la fin de l'année 1572, et publiée en 1583, avec quelque autres tracts traitants de la religion chrétienne, dont une allusion a déjà était faite, dans le récit de Matthieu Glirius. 

     

    (Vidend. Sandii B. A. p. 61. Bock, Hist. Ant. T. I. pp. 525, 526. Melchioris Adami Vit. Germ. Theolog. p. 388. Hornii Hist. Eccles. pp. 652—654. Mosh. Inst. H. E. Ssec. xvi. Sect. iii. P. ii. C. iv. § xiv. xxii. p. 723, Not. k. Zeltneri Hist. Crypto-Socinismi Altorf. pp. 73. 1223, 1224. Ruari Epist. Cent. i. N. 47. Allwoerden, Hist. Mich. Serveti, p. 6. Lubieniecii Hist. Ref. Polon. L. ii. C. v. p. 108 ; L. iii. C. iv. pp. 198—201. Stephan Gerlachs dess Aeltern Tage-Buch, u. s. w. Franckf. am M. 1674; Oct. 1573; Nov. Dec. 1574; Jun. Aug. 1575; Apr. Sept. Oct. Dec. 1576.) 

     


     Didier Le Roux
     
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