
Nigrinus Georges, (all. Schwartz), n'eut aucune appréciation signifiée par les sociniens, mais ne doit pas être confondu avec Barthélemy Nigrinus, qui est devenu suffisamment notoire par ses tergiversations répétées.
Ce Nigrinus Barthélemy, bien que né de parents sociniens, a d'abord rejoint l’Église Luthérienne Évangélique, puis est devenu un Pasteur dans l’Église Réformée, et Ministre de Saint-Pierre à Dantzig, et finit par professer publiquement et solennellement lui-même être un catholique romain, le 25 Mars, 1644. Ce fut principalement à la suite de ses représentations, que Vladislav IV., Roi de Pologne, fut amené à connaître le projet utopique d'amener une union de tous les corps religieux de son royaume. Barthélemy Nigrinus représentait cet objet comme une affaire facile à réaliser ; et le Roi, en tenant pour acquis, que l'homme, qui avait essayé tant de religions, et enfin sur le point de se réfugier dans le giron de l'Église Catholique, devait être plus compétent que tout autre pour donner des conseils sur un tel sujet, prêta une oreille complaisante au plan qu'il proposait, et décida d'inviter à une rencontre amicale un certain nombre de Théologiens de différentes confessions, à laquelle a été donné le nom de "Colloquium Charitativum." Les Actes de cette conférence ont été publiés, à Varsovie, en l'an 1646, en 4 to., sous le titre de "Acta Conventus Thorunensis", avec un discours en ouverture du Roi, "à tous et chacun des habitants du Royaume de Pologne, le Grand Duché de Lituanie, et dans les provinces qui y sont annexées." Au jour fixé, (le 28 Août 1645), les Théologiens délégués par les confessions respectives se sont réunis à Thorn, et la première séance eut lieu le jour suivant, mais les partis se disputèrent au début des délibérations, qui, après trente- six réunions, ne produisirent aucun résultat. Au lieu d'amener la réconciliation proposée des partis religieux, cette conférence avait plutôt tendance à accroître les différences qui existaient auparavant, et a été arrêtée de manière très sommaire le 21 Novembre, lorsque le Commissaire Royal déplorait son échec quant à son établissement, et l'Assemblée , après avoir entendu les réponses de plusieurs confessions, séparément, et entamèrent une guerre des plumes, qui fut menée avec une acrimonie considérable de tous les côtés.
Avec l'aventurier sans scrupules, qui causa toute cette confusion, Georges Nigrinus a parfois été confondu, à cause de l'identité du nom de famille. Mais il n'était en aucune façon lié au mouvement, soit en tant que principal ou secondaire. Les détails de son histoire, tels que donnés par Bock, sont comme suit. Il a étudié à l'université de Kônigsberg, et dans la liste des étudiants de 1621, il est désigné par "George Nigrinus, de Treptow, un poméranien." Comment il a été engagé pour achever son cours académique, et par quels moyens il a été amené à rejoindre les rangs des sociniens, sont des points qui n'ont jamais été clairement établis. Nous savons, cependant, qu'il était Pasteur de l’église luthérienne à Meseritz (Międzyrzec), avant qu'il avoua lui-même être un anti-trinitaire. Étant privé de son traitement en 1630, ensuite il changea son nom allemand de Schwartz en Nigrinus. En 1633, il a été considéré comme une personne apte à présider l'église socinienne à Meseritz, mais sa nomination au poste de Recteur du Collège à Rakow apparut pour le synode un arrangement plus souhaitable et avantageux. Il a donc été décidé, dans la même année, qu'il devrait être nommé à ce poste, Adam Franck, qui avait été nommé Recteur en 1630, étant sur le point de partir en Transylvanie. Mais Nigrinus ne consentit pas à prendre son tour dans cette fonction pour plus d'un an, et à l'expiration de ce délai, en 1634, le synode adopta une motion pour le remercier, accompagné d'un cadeau, pour sa conduite désintéressée, en laissant sa femme, famille et maison, et entreprit, avec grand sacrifice, les devoirs pénibles de cette fonction scolaire. En 1635, il fut nommé Ministre de l'église socinienne à Meseritz, mais quand les sociniens, peu de temps après, ont été persécutés dans cette ville, il fut informé, par le synode de 1637, de quitter Meseritz, ce qu'il semble avoir fait. Il n'est pas connu pour avoir publié quoi que ce soit, raison pour laquelle aucun compte n'est tenu de lui par Sandius.
Il est fait mention, dans les Actes Synodaux, de "Nigrinus, Junior", qui, par une résolution du synode en 1640, reçut son éducation libre de frais, et est censé pour avoir été le fils de Georges Nigrinus.
(Vidend. Bock, Hist. Ant. T. I. pp 554-556. Krasimki de Hist.Croquis de la Réf. en Pologne, vol. II. Chap. xi.)