Naeranus Samuel, de Dordrecht, était Recteur du collège de Sedan en 1608, et ensuite de celui d’Amersfort. Il se lia au parti Remonstrant et fut parmi les premiers adhérents et disciples d'Arminius à Leyde. Au cours du synode de Dordrecht, après avoir été cité avec les autres Ministres remonstrant, et interrogé sur sa croyance religieuse, il se plaignit, à la quarante-sixième et cinquante-quatrième sessions de ce synode, de l'injustice avec laquelle les Ministres ont été traités, n’étant pas autorisés à expliquer leurs propres opinions à leur manière, mais il fut accablé par le nombre, et banni avec le reste de ses frères, le 5 Juillet 1619.
Après être resté caché pendant un certain temps en Frise, sans aucune habitation fixe, mais principalement sur la côte Baltique, il fut enfin autorisé à retourner aux Pays Bas. Pendant le temps de son exil, sa femme, qui était restée à Amersfort, où il avait autrefois officié en tant que Ministre, tomba violemment malade, et quand elle était proche de sa mort, elle demanda la permission de revoir son mari une dernière fois. Cette demande étant ébruitée, la maison fut surveillée de près, et pendant la nuit des informateurs placèrent des échelles à la fenêtre de la chambre de la mourante, dans l'espoir de surprendre son mari dans la maison de deuil. Mais il était absent, et inconscient de ces procédures indignes ni même mis au courant de ce qui s'était passé, jusqu'à ce qu'il reçoit la nouvelle de la mort de sa femme. Sa propre mort eut lieu à Amersfort dans l'année 1642, comme nous l'apprenons d’une lettre adressée, par son fils Jean, à Martin Ruarus, peu de temps après cet évènement.
Samuel Naeranus était un excellent poète, mais si odieux pour l'aristocratie de son pays, en raison de son attachement aux opinions des remonstrants, lequel, à une occasion, quand il leur dédia un poème, ils refusèrent de le recevoir, et ordonnèrent qu’il lui soit retourné, par antipathie à ses principes religieux. Il publia un recueil de poèmes en 1610, consistant principalement en épigrammes, qui a été reçu avec des applaudissements par le monde des érudits. Dans la correspondance de Ruarus, il y a trois lettres adressées à cette personne par Samuel Naeranus et deux réponses écrites de Naeranus. Bock notifie un travail en néerlandais de Samuel Naeranus "Sur la religion chrétienne", comme professé par les remonstrants, écrit dans la voie de questions et réponses, et publié à Rotterdam en 1640, en 8 vo., et dit, que d'autres écrits de Naeranus sont parfois cités, pour lesquels il n'a pas été de son propre sort d’y répondre. Zeltner se réfère à une lettre de Naeranus, (la 380ème de la Correspondance des remonstrants), comme jetant la lumière sur l'histoire de Conrad Vorstius.
(Vidend. Bock, Hist. Ant . T. I. pp. 523, 524. Ruari Epp. Cent. i. N. 77—80. Zeltneri Hist. Crypto-Socin. Altorf, pp. 42. 363. Brandfs Hist, of the Ref. in and about the Low Countries, Vol. HI. Bk. xx.wi. pp. 128. 142; Vol. IV. Bk. lii. p. 190.)